Les sanctions varient selon la gravité, la récurrence et la nature du manquement. Elles peuvent s’organiser en trois grands niveaux : administratif, financier, voire pénal.
Sanctions administratives
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Mise en demeure : Première étape en cas d’écart sérieux. L’ARS ou l’autorité de tutelle fixe un délai pour corriger la situation (parfois sous 15 jours ou 1 mois pour les urgences).
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Injonction de mettre en conformité : Si les faits persistent, l’autorité ordonne des mesures obligatoires, sous astreinte financière (frais quotidiens tant que la mise en conformité n’est pas effective).
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Suspension totale ou partielle de l’activité : Pertinent si le danger est avéré pour les personnes accueillies. En 2021, 34 suspensions d’activité ont été prononcées en France pour des non-conformités graves dans des EHPAD [IGAS, 2022].
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Retrait de l’habilitation : Perte de l’autorisation d’exercer (provisoire ou définitive).
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Placement sous administration provisoire : L’établissement est géré sous tutelle d’un administrateur désigné par l’ARS pour garantir sécurité et dignité des usagers.
Sanctions financières
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Amendes administratives ou pénalités de retard : Leur montant varie selon la gravité et la durée des manquements.
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Suppression partielle ou totale des financements publics : Mesure rarement prise, mais prévue par la loi en cas de risques persistants pour les usagers.
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Obligation de rembourser tout ou partie des aides ou subventions perçues.
Sanctions pénales
Si la non-conformité engendre des conséquences graves (notamment en cas de décès, de mise en danger de la vie d’autrui ou d’atteinte à la dignité), des poursuites sont possibles contre l’établissement ou ses responsables :
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Peines d’amende : Jusqu’à 75 000 € pour mise en danger d’autrui (article 223-1 du Code pénal), voire 150 000 € et jusqu’à 2 ans de prison pour négligence ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
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Interdiction d’exercer : Temporaire ou définitive tant pour la structure que pour le dirigeant.
Quelques affaires ont défrayé la chronique, comme celle de l’EHPAD "Orpéa-les-Bains", condamné en 2022 pour défaut d’alimentation et défaut d’entretien des locaux ayant mis en danger les résidents [Le Monde, juin 2022].