La réglementation française, complétée par les recommandations de la HAS (Haute Autorité de Santé), de l’SF2H (Société Française d’Hygiène Hospitalière) et du CDC américain, fixe une liste d’équipements incontournables lors des soins d’hygiène en institution (SF2H).
Le port des gants à usage unique
Les gants constituent la protection de base pour tout soin exposant à un contact avec des liquides biologiques ou des surfaces souillées. Quelques points essentiels :
- Ils doivent être portés juste le temps du soin exposant : trop de routines persistent où les gants sont mis dès l’entrée en chambre et conservés lors de diverses manipulations, générant une fausse sécurité et un risque accru de contamination croisée (INRS).
- On privilégie les modèles en nitrile ou vinyle ; le latex reste réservé à certains usages spécifiques (demandes d’allergie chez le soignant ou le résident).
- Ils protègent la peau, mais ne remplacent en aucun cas l’hygiène des mains avant et après chaque soin.
Santé Publique France rappelle par ailleurs que dans les EHPAD, 1/3 des infections à bactéries multirésistantes sont reliées à un défaut dans l’usage ou le changement des gants.
L’usage de la surblouse
La protection de la tenue professionnelle par une surblouse, jetable ou réutilisable, s’impose dès qu’il existe un risque de projection ou de contact massif avec des liquides biologiques :
- Toilette complète au lit en cas d’incontinence sévère, soins de plaies souillées.
- Manipulation de protections urinaires/faecales souillées.
- Soins réalisés avec agitation importante du résident.
Attention : la surblouse ne doit pas traîner dans la chambre ou être portée de pièce en pièce. Elle se retire dès la fin du soin, avant de toucher d’autres surfaces (poignées de porte, matériel commun).
Masques et lunettes de protection : dans quels cas ?
Masque chirurgical et lunettes sont souvent moins utilisés en EHPAD lors de soins dits « standards ». Pourtant, certains gestes font la part belle aux projections :
- Soins d’hygiène bucco-dentaire : manipulation de prothèses, brossage des dents.
- Aspiration des sécrétions respiratoires.
- Toilette de résidents présentant des troubles respiratoires (toux, expectorations).
Dans ces situations, un masque chirurgical (type II ou IIR) et/ou des lunettes de protection évitent une exposition directe des muqueuses : bouche, nez, yeux. On estime que 10 à 20 % des infections respiratoires chez les soignants en établissements médico-sociaux surviennent après une exposition lors de soins rapprochés (source : Santé Publique France et données de l’INRS).