- Engagement de la direction : fixer le cap, soutenir les actions
- Formation initiale et continue : adapter et mettre à jour les savoirs
- Dispositifs et matériel adaptés : accès facilité et choix pertinents
- Implication des équipes : cohérence collective et valorisation individuelle
- Suivi, audit et retour d’expérience : mesurer et ajuster régulièrement
1. L’engagement institutionnel, déclencheur clé
L’impulsion doit venir du plus haut niveau (direction, médecin coordonnateur, encadrement). Définir une politique claire, la formaliser dans un document de référence accessible à tous (protocole ou charte), est indispensable pour obtenir l’adhésion et garantir un cadre commun.
Des exemples concrets :
- Mettre à disposition des indicateurs de suivi consultables (taux d’observance, retour sur infection liée aux soins)
- Inclure les objectifs d’hygiène dans le projet d’établissement ou le plan qualité
- Inscrire l’hygiène des mains dans les rituels de réunions et briefings d’équipe
2. La formation : un levier puissant, souvent sous-estimé
L’hygiène des mains demande plus qu’une simple session annuelle. Son enseignement doit intégrer à la fois :
- La théorie : comprendre les risques, connaître les indications, distinguer friction hydroalcoolique (SHA) et lavage au savon
- La pratique : gestes précis, zones souvent oubliées (pouce, paume, espaces interdigitaux), temps minimum nécessaire (30 secondes pour une SHA efficace, selon l’OMS), identifier les situations à risque
Des sessions courtes, régulières, idéalement au « lit du patient » ou en situation réelle, favorisent l’appropriation. Des outils tels que les ateliers « boîte à coucou » (marquage fluorescent visible sous lampe UV après friction) séduisent par leur côté ludique et fédérateur : selon une étude du CHRU de Lille, ce type d’atelier augmente de 27 % la qualité du geste après seulement deux séquences annuelles.
Les équipes doivent être formées aux moments essentiels décrits par l’OMS (« les 5 moments »), adaptés au contexte médico-social :
- Avant tout contact direct avec un résident
- Avant un geste propre ou invasif (soin de plaie, distribution d’alimentation entérale…)
- Après tout contact avec des liquides biologiques, même avec des gants
- Après contact avec un résident
- Après contact avec l’environnement du résident (lit, fauteuil, objets personnels…)
3. Un matériel en permanence à portée de main
L’accessibilité reste un enjeu concret : la majorité des établissements où l’observance dépasse 80 % ont installé des flacons de Solutions Hydroalcooliques (SHA) à tous les points stratégiques (Résultats CPias 2022).
Check-list de base à déployer :
- Distributeurs à l’entrée de chaque chambre, salle de soins, salle à manger, salle de détente
- Flacons portatifs à disposition des professionnels en déplacement (garde, sortie, transports internes)
- Réassort régulier, évitant toute rupture et vérification systématique lors du nettoyage
Le choix du matériel ne doit pas être négligé : privilégier des SHA à large spectre, testées dermatologiquement, et agréées par la norme EN 14476 (efficacité sur virus enveloppés, dont SARS-CoV-2).
Prévoir également des lotions ou crèmes hydratantes à disposition limite l’effet desséchant et incite à la régularité : près de 44 % des soignants déclarent réduire la fréquence de la friction à cause d’irritations ou de démangeaisons (Santé publique France).