Professionnelle de santé en EHPAD portant des équipements de protection individuelle et ajustant ses gants avant un soin.

Mettre et retirer ses équipements de protection individuelle en EHPAD : l’ordre des gestes

05 novembre 2026

Pourquoi l’ordre des gestes compte en EHPAD

En établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, les équipements de protection individuelle, ou EPI, limitent le risque de transmission des micro-organismes entre le professionnel, le résident et l’environnement. Ils comprennent notamment les gants, le masque, la protection oculaire, la surblouse ou le tablier à usage unique, ainsi que l’appareil de protection respiratoire de type FFP2 lorsqu’il est indiqué.

Le port d’un EPI ne remplace pas l’hygiène des mains ni les autres précautions standard. Il s’ajoute à ces mesures lorsque la situation l’exige : contact avec des liquides biologiques, risque de projection, soins auprès d’une personne présentant une infection transmissible ou précautions complémentaires définies par le médecin, l’équipe d’hygiène ou le protocole de l’établissement.

L’ordre des gestes poursuit deux objectifs distincts. Lors de la mise en place, il s’agit de positionner correctement chaque équipement sans contaminer sa face propre. Lors du retrait, il faut éviter de toucher les parties souillées et de disperser des micro-organismes sur les mains, les vêtements, le visage ou les surfaces. Le retrait est souvent l’étape la plus délicate, car les EPI ont alors été exposés aux sécrétions, aux gouttelettes ou à l’environnement du résident.

Avant de commencer : évaluer le soin et préparer le matériel

Avant d’entrer dans la chambre ou de commencer le soin, il faut déterminer les risques prévisibles. Le choix des équipements dépend du soin réalisé, du mode de transmission suspecté ou confirmé, de l’état du résident et des consignes en vigueur dans l’établissement. Une toilette, une aspiration, un soin de plaie, un accompagnement aux repas et une intervention exposant à des projections ne présentent pas les mêmes risques.

La préparation évite les interruptions et les manipulations inutiles. Le matériel doit être disponible à proximité, sans être posé sur une surface exposée à des souillures. Il faut vérifier l’intégrité des emballages, la propreté des équipements réutilisables, la taille des gants et la date de péremption lorsqu’elle s’applique. Les masques et appareils respiratoires doivent être adaptés au visage et en bon état.

Avant la mise en place :
  • attacher les cheveux longs et retirer les bijoux qui gênent l’ajustement ou l’hygiène des mains ;
  • garder les ongles courts et ne pas porter de faux ongles ou de vernis écaillé pour les soins ;
  • repérer le point de collecte des déchets et le circuit prévu pour le matériel réutilisable ;
  • réaliser une hygiène des mains selon la procédure locale, avec une solution hydroalcoolique ou par lavage lorsque les mains sont visiblement souillées ;
  • vérifier que la tenue professionnelle est adaptée et que les avant-bras sont dégagés.
La friction hydroalcoolique doit être réalisée sur une quantité suffisante de produit et pendant le temps indiqué par le fabricant. Le lavage à l’eau et au savon est nécessaire lorsque les mains sont visiblement sales ou souillées.

L’ordre recommandé pour mettre les EPI

L’ordre peut varier selon le protocole de l’établissement, la nature de l’équipement et la situation infectieuse. Une séquence couramment retenue pour une protection complète est la suivante : hygiène des mains, surblouse ou tablier, masque ou appareil respiratoire, protection oculaire, puis gants. Le principe essentiel est de placer les gants en dernier afin qu’ils recouvrent les poignets de la surblouse et que les mains restent propres pendant l’ajustement des autres équipements.

1. Réaliser l’hygiène des mains. Les mains doivent être propres et sèches avant de prendre les équipements. Une friction sur des mains encore humides ou visiblement souillées n’offre pas les mêmes conditions d’efficacité.

2. Mettre la surblouse ou le tablier. La surblouse se ferme au niveau du cou et du dos selon son modèle. Elle doit couvrir le torse, les bras et la tenue exposée. Les liens ne doivent pas traîner ni être noués de manière à compliquer le retrait. Un tablier plastique peut être choisi lorsqu’une protection ciblée du devant du corps suffit, conformément au protocole local.

3. Mettre le masque ou l’appareil respiratoire. Le masque doit couvrir le nez, la bouche et le menton. La barrette nasale est ajustée sans laisser d’espace important sur les côtés. Un appareil FFP2 se positionne selon les indications du fabricant. Un contrôle d’étanchéité doit être effectué à chaque mise en place lorsque le modèle et la procédure le prévoient. Une barbe peut empêcher l’étanchéité attendue d’un appareil ajusté au visage.

4. Mettre la protection oculaire. Les lunettes de protection ou la visière doivent couvrir les yeux et les zones exposées aux projections. Les lunettes de vue ordinaires ne constituent pas automatiquement une protection oculaire adaptée. La visière ne remplace pas nécessairement le masque, car les deux équipements n’ont pas la même fonction.

5. Mettre les gants. Les gants sont choisis selon le soin et le risque d’exposition. Ils recouvrent les poignets de la surblouse lorsque cela est possible. Ils ne doivent pas être portés à la place de l’hygiène des mains : une friction des mains est réalisée avant leur mise en place, puis après leur retrait. Les gants sont changés entre deux résidents et entre deux gestes lorsque l’on passe d’une zone contaminée à une zone propre chez la même personne.

Les contrôles à faire juste avant le soin

Une fois les EPI en place, un contrôle rapide permet de corriger les défauts avant le contact avec le résident. Le masque couvre-t-il complètement le nez et le menton ? La protection oculaire est-elle stable ? La surblouse ferme-t-elle correctement le dos et le cou ? Les gants recouvrent-ils les poignets ? Les liens, manches ou cordons risquent-ils de toucher une surface contaminée ?

Il est préférable de corriger immédiatement un équipement mal positionné, après avoir évalué le risque de contamination et réalisé une nouvelle hygiène des mains si nécessaire. Pendant le soin, il faut limiter les contacts avec les surfaces non utiles, éviter de toucher le visage et ne pas manipuler son téléphone, ses clés ou des documents avec des gants portés pour le soin.

Les gants ne rendent pas les mains propres. Toucher une poignée de porte, un clavier ou un chariot avec des gants potentiellement contaminés peut déplacer le risque vers d’autres surfaces. Si une sortie de chambre est nécessaire, la procédure de l’établissement précise quels EPI retirer avant de sortir et lesquels conserver selon le risque.

L’ordre recommandé pour retirer les EPI

Le retrait doit se faire lentement, dans la zone prévue par l’établissement, en évitant les mouvements brusques. Les surfaces extérieures des équipements sont considérées comme potentiellement contaminées. Il ne faut donc toucher que les attaches, les élastiques ou les zones internes propres, selon le matériel.

Une séquence fréquemment utilisée est la suivante : gants, hygiène des mains, protection oculaire, surblouse ou tablier, hygiène des mains, masque ou appareil respiratoire, puis hygiène des mains. Les protocoles peuvent organiser différemment certaines étapes. La consigne écrite de l’établissement prime, notamment pour les précautions complémentaires et les équipements réutilisables.

1. Retirer les gants. Avec une main gantée, pincer l’extérieur de l’autre gant près du poignet, sans toucher la peau. Retirer le gant en le retournant. Garder le gant retiré dans la main encore gantée. Glisser ensuite un ou deux doigts de la main dégantée sous le poignet du gant restant, sans toucher sa face extérieure, puis le retirer en l’enveloppant autour du premier gant. Jeter l’ensemble dans le contenant prévu.

2. Réaliser l’hygiène des mains. Cette étape intervient immédiatement après les gants, car les mains peuvent avoir été contaminées lors de leur retrait. Si les mains sont souillées, le lavage à l’eau et au savon est indiqué selon la procédure applicable.

3. Retirer la protection oculaire. Saisir les branches, la sangle ou les attaches situées à l’arrière. Ne pas toucher la face avant des lunettes ou de la visière. Le matériel à usage unique est éliminé selon la filière prévue. Le matériel réutilisable est déposé dans le bac ou le circuit de désinfection sans être posé sur une surface propre.

4. Retirer la surblouse ou le tablier. Détacher les liens sans secouer l’équipement. Tirer par les attaches ou par l’intérieur, puis l’enrouler avec la face contaminée vers l’intérieur. Éviter que les manches ou la face externe touchent la tenue, le sol ou le mobilier. Jeter ou déposer l’équipement selon son statut et le circuit défini.

5. Réaliser à nouveau l’hygiène des mains. Cette friction réduit le risque lié au retrait de la protection corporelle.

6. Retirer le masque ou l’appareil respiratoire. Ne pas toucher la partie avant. Saisir les élastiques ou les liens par l’arrière. Le masque est éliminé dans le contenant prévu, sans être posé sur une table ou remis dans une poche. Le retrait d’un appareil respiratoire se fait après avoir quitté la zone exposée lorsque le protocole le demande, car sa face externe peut être contaminée.

7. Terminer par l’hygiène des mains. Cette dernière étape est nécessaire même si les gants ont été retirés correctement. Elle clôt la séquence avant de toucher une poignée, un dossier, du matériel propre ou son visage.

Repères pratiques selon les principaux équipements

Le tableau suivant résume les points de vigilance. Il ne remplace pas les procédures de l’établissement, qui précisent les modalités de tri, de désinfection et les équipements requis pour chaque situation.
ÉquipementMise en placeRetraitPoint de vigilance
GantsAprès les autres EPIEn premier dans la séquence couranteNe pas toucher la peau avec la face externe contaminée
Masque chirurgicalAvant la protection oculairePar les liens ou élastiques arrièreNe pas toucher la face avant ni le porter sous le menton
Appareil FFP2Avec ajustement et contrôle d’étanchéité prévuPar les attaches, après éloignement de la zone à risque selon protocoleLa barbe peut compromettre l’étanchéité
Lunettes ou visièreAprès le masquePar l’arrière ou les branchesNe pas saisir la surface frontale
Surblouse ou tablierAvant le masque et les gantsSans secouer, face externe vers l’intérieurÉviter le contact avec la tenue et les surfaces propres

Situations particulières en établissement pour personnes âgées

Les résidents peuvent présenter une fragilité accrue, des troubles cognitifs ou des difficultés à comprendre le port d’un masque. L’équipement doit alors être choisi avec l’équipe et utilisé sans compromettre la sécurité du soin, la communication ou la respiration du résident. Il ne faut pas appliquer une consigne de façon mécanique si elle entre en contradiction avec une indication médicale ou une procédure spécifique.

Lorsqu’un soin expose fortement aux projections, la protection oculaire et la protection de la tenue deviennent particulièrement importantes. Lors d’un soin impliquant des liquides biologiques, les gants ne sont pas le seul élément à considérer : la surblouse ou le tablier et la protection du visage dépendent de l’évaluation du risque.

En cas de précautions complémentaires de type contact, gouttelettes ou air, les équipements et leur ordre peuvent être précisés par une affiche ou une fiche dédiée. Les recommandations de la Société française d’hygiène hospitalière, de la Haute Autorité de santé et les consignes de santé publique doivent être articulées avec le protocole actualisé de l’établissement. En cas de doute, il est préférable de suspendre le geste à risque et de demander la procédure applicable plutôt que d’improviser.

Erreurs fréquentes et corrections simples

Certaines erreurs ne viennent pas d’un manque de matériel, mais d’une séquence mal maîtrisée ou d’un automatisme. Les identifier permet de cibler la formation et les rappels en équipe.
  • Mettre les gants avant le masque : cela augmente le risque de contaminer les gants pendant l’ajustement. Les gants sont généralement mis en dernier.
  • Toucher la face avant du masque : il faut utiliser les liens ou les élastiques arrière pour le retrait et éviter de le déplacer avec les doigts.
  • Garder les gants pour passer d’une chambre à l’autre : les gants sont retirés entre les résidents et l’hygiène des mains est réalisée.
  • Secouer une surblouse : ce geste peut disperser des particules ou des souillures. Le retrait se fait en contrôlant les mouvements.
  • Poser un masque utilisé dans une poche : un équipement retiré doit suivre immédiatement le circuit de déchets prévu.
  • Oublier l’hygiène des mains entre deux étapes : elle est particulièrement importante après les gants et après la protection corporelle.
  • Confondre masque et appareil respiratoire : le choix dépend du risque évalué et des consignes, pas seulement du confort ou de la disponibilité immédiate.
Des exercices courts, une affiche à proximité de la zone d’habillage et l’observation bienveillante d’une séquence complète peuvent aider à fiabiliser les pratiques. Toute correction doit rester factuelle et centrée sur le geste ou la procédure, sans jugement sur la personne.

FAQ : ordre des EPI en EHPAD

Faut-il toujours porter des gants avec un masque ?

Le masque et les gants ne répondent pas au même risque. Le masque protège principalement les voies respiratoires et limite la diffusion des sécrétions respiratoires, tandis que les gants sont indiqués en fonction du risque de contact avec du sang, des liquides biologiques, des muqueuses, une peau lésée ou une zone contaminée. Le protocole du soin détermine l’association nécessaire.

Quel EPI retirer en premier ?

Dans une séquence courante, les gants sont retirés en premier, car ils sont souvent les plus contaminés. Ils sont suivis d’une hygiène des mains, puis de la protection oculaire et de la protection corporelle. Le masque ou l’appareil respiratoire est retiré par les attaches, selon le protocole et le lieu de retrait.

Peut-on désinfecter un masque chirurgical pour le réutiliser ?

Un masque chirurgical à usage unique ne doit pas être nettoyé ou réutilisé, sauf indication officielle et procédure exceptionnelle explicitement établie. Il est éliminé après usage ou après souillure, humidification, détérioration ou retrait, conformément aux consignes applicables.

Quand faut-il refaire l’hygiène des mains ?

L’hygiène des mains est réalisée avant la mise en place des EPI, après le retrait des gants, après le retrait de la surblouse ou du tablier lorsque la séquence le prévoit, et à la fin du retrait. Elle est également répétée dès qu’une contamination est possible ou qu’un passage d’une zone sale à une zone propre intervient.

Quelle consigne suivre si l’ordre affiché diffère de celui présenté ici ?

Les séquences peuvent varier selon les équipements, le type de précautions et l’organisation du soin. La procédure locale, validée par les responsables compétents de l’établissement, doit être suivie. Les principes restent constants : hygiène des mains, protection adaptée au risque, absence de contact avec les faces contaminées et élimination ou désinfection dans le circuit prévu.

En savoir plus à ce sujet :