1. Avant de toucher un patient ou un résident : prévenir, non réagir
C’est un réflexe à cultiver : toute entrée en contact, même « banale », doit débuter par une friction hydro-alcoolique ou un lavage main. Selon l’OMS, 80 % des transmissions de micro-organismes se font par contact direct ou indirect avec les mains. Serrer une main, rassurer un résident par un geste attentionné : ces moments humains sont aussi des risques, d’où l’importance d’agir avant.
2. Avant un geste aseptique : protéger la porte d’entrée
Un geste aussi simple que la pose d’une perfusion, la manipulation d’un cathéter ou l’instillation de collyres fournit une porte d’entrée potentielle aux agents pathogènes. Même si les gants sont utilisés, l’hygiène des mains avant reste impérative : les gants peuvent être micro-perforés ou contaminés lors de leur enfilage. Il a été montré que jusqu’à 18 % des gants utilisés en soins sont perforés (source : Revue Hygiène & Sécurité, 2022).
3. Après un risque d’exposition à des liquides biologiques : protéger le soignant et l’entourage
Le contact avec du sang, des excrétions, ou d’autres liquides organiques expose à des germes parfois très virulents (virus, Clostridioïdes difficile, etc.). Mais il expose aussi l’entourage, si la désinfection des mains n’est pas immédiate ensuite. En 2021, il a été démontré qu’une désinfection après exposition réduit de 75 % les risques de transmission croisée dans les EHPAD (ANSM).
4. Après avoir touché un patient/résident : penser à la chaîne
Le contact avec la peau ou les vêtements du résident, même en l’absence d’acte médical, suffit à charger les mains en bactéries. Toucher ensuite une poignée de porte, un chariot ou un dossier expose les autres. D’après une étude du CHU de Nancy (2020), 40 % des surfaces fréquemment touchées dans les chambres de résidents sont contaminées juste après un soin si la friction des mains n’a pas été faite.
5. Après avoir touché l’environnement du patient/résident : ne pas sous-estimer l’environnement
Les supports de chevet, les barrières de lit, et tout objet de l’entourage immédiat peuvent abriter des bactéries multirésistantes, parfois jusqu’à plusieurs semaines (source : Institut Pasteur). Un geste rapide, juste avant de sortir de la chambre ou de toucher du matériel commun, est donc crucial.