Critères de sélection et adaptation fine à l’utilisateur
Le fauteuil roulant électrique ne s’adresse pas à tous les profils : la prescription nécessite une évaluation précise des capacités motrices, sensorielles et cognitives du résident. Certains critères incontournables :
- Vision correcte pour éviter les collisions et manœuvrer dans les espaces exigus.
- Capacité cognitive suffisante pour comprendre et anticiper la réaction de l’appareil.
- Force et coordination d’un membre supérieur (pour la commande) ou à minima, la capacité à actionner un joystick ou bouton spécialisé.
Dans une enquête menée par le réseau national France Assos Santé (2021), près de 30 % des utilisateurs de fauteuils roulants électriques en institution ont signalé un temps d’apprentissage estimé entre une semaine et un mois.(4) Un accompagnement, des essais progressifs et des ajustements sont donc nécessaires, ce qui implique une organisation spécifique au sein des EHPAD.
Gestion technique et maintenance
Un fauteuil motorisé, c’est aussi un matériel technique : batterie à recharger, électronique à surveiller, pannes à réparer. L’immobilisation temporaire du fauteuil lors d’une panne fragilise le résident et accentue parfois le sentiment d’impuissance ou le repli.
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Coût et fréquence de l’entretien : Les EHPAD doivent anticiper le budget pour l’acquisition, l’entretien préventif et les réparations. Selon l’Assurance Maladie, le coût d’achat peut dépasser 3 000 €.(5)
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Besoin d’un référent technique dans l’établissement, ou d’un partenariat avec un prestataire extérieur fiable pour les situations d’urgence.
Risques de sécurité pour le résident et l'entourage
Une mauvaise appréciation de la vitesse ou de l’espace, une distraction, et la chute peut survenir. Plusieurs points à surveiller :
- Chutes (du fait d’une mauvaise utilisation, de l’oubli de la ceinture de sécurité ou d’obstacles).
- Risques de collisions avec d’autres résidents, des visiteurs ou du mobilier.
- Basculement lors du franchissement de seuils ou d’obstacles : certains modèles sont sensibles aux trottoirs, pentes, ou sols irréguliers.
L’accès aux espaces et la vie collective
Le fauteuil roulant électrique impose des exigences accrues sur la largeur des couloirs, les ascenseurs, la disposition du mobilier, l’accès sans marche aux différents espaces… Tous les EHPAD ne sont pas adaptés d’emblée à ces contraintes, notamment dans les établissements anciens. Certains résidents peuvent se heurter à une impossibilité de se déplacer de manière fluide du fait de locaux non conformes.
Au quotidien, la circulation accrue de fauteuils électriques nécessite aussi d’adapter la vigilance des équipes (par exemple : surveillance lors des mouvements de groupes, gestion de situations conflictuelles entre résidents lors des croisements…).
Dépendance nouvelle à une technologie
Pour un résident, l’usage du fauteuil motorisé peut entraîner une dépendance psychologique (“je ne peux plus rien faire sans mon fauteuil”), ou à l’inverse, une frustration en cas de panne ou d’oubli de charge.
- Certains témoignages recueillis par l’association APF France Handicap soulignent la “peur de la panne”, assimilée à une double perte d’autonomie.
- Le risque de “désapprentissage” de la propulsion manuelle chez les utilisateurs encore partiellement mobiles n’est pas à écarter : il est donc important d’alterner, chaque fois que possible, entre propulsion active et usage motorisé, afin de prévenir le désentraînement musculaire.